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carnet de notes d'un photographe de nature
24-10-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...La bifidité ou la trifurcation de l’andouiller d’attaque ou du médian chez le cerf ne sont pas des caractères reproductibles

Faisant suite à l’article précédent concernant la reconnaissance et le suivi des cerf, parfois les bois des cerfs présentent des bizarreries étonnantes. Sont-elles pour autant des indices de reconnaissance ?

Les gardes et les gestionnaires de territoire de chasse qui suivent l’évolution des cerfs fréquentant leur secteur sont toujours à l’affût de caractéristiques permettant de reconnaître les animaux d’une année à l’autre. Le but ultime étant de laisser vieillir certains de ces sujets afin de les récolter à leur apogée. Les critères classiques de suivi ont été évoqués dans l’article précédent.
L’idée, ici, est de savoir si des bizarreries aussi flagrantes que la duplication, voire la triplication de l’andouiller d’attaque, du surandouiller ou du médian, sont reproductibles d’une année à l’autre, et pourraient ainsi aider au suivi des cerfs présentant ce genre d’anomalie.

---- Exemples par l’image….

« Cobra »

Octobre 2006, fin de brame, je vois apparaître ce cerf, dont le médian gauche est nettement dupliqué. Aussitôt, je songe : « Voilà une caractéristique intéressante », et, du fait de cette anomalie, je nomme cet animal Cobra, faisant référence à une langue de serpent.
En 2007, je ne retrouve pas de cerf avec cette anomalie, mais en fouillant dans ma photothèque, je dégage un mâle que j’appelle Le Siffleur. Cet individu a une particularité anatomique qui le rend identifiable à coup sûr : la forme de sa lèvre inférieure, comparable à celle que prend l’homme lorsqu’il siffle. A tel point que même mulet ou en refaits, je reconnais cet animal au premier coup d’oeil. Dans mes archives, je retrouve ce cerf en 2005, il n’avait pas cette anomalie du médian, pas plus qu’en 2007 et 2008.
 
photo siffleur 2006

Siffleur-2006-copie
 

 

photo siffleur 2007

Siffleur-2007-copie

Neptune

Septembre 2005, observation au brame d’un cerf avec le surandouiller gauche bifurqué, ce qui donne avec l’attaque une forme de trident, d’où son nom ! En 2006, je suis impatient de savoir si on retrouvera la même caractéristique ; mais non... L’andouiller de massacre est normal, le surandouiller est petit et orienté vers l’intérieur. La forme générale des bois et l’oreille gauche déchirée permettent cependant de reconnaître l’animal. Le cerf est tiré cette année-là.

Neptune 2005

Neptune-2005-copie

Neptune 2006


Neptune-2006-copie

Le Coudé

Cerf connu depuis 2005, ainsi nommé du fait de la forme particulière de la partie postérieure de ses chandeliers vus de profil. En 2007, il présente une trifurcation spectaculaire de son médian gauche, qui n’était pas présente préalablement. De nouveau, la comparaison des mues ne laisse aucun doute. Je n’ai pas revu l’animal en 2008. En 2009, il est revu, et son médian est parfaitement normal.

Le Coudé en 2007

coudé-2007-copie

Le Coudé en 2009

coudé-2009-copie


Antoine

Le jeune cerf est photographié en 2007. Son andouiller d’attaque gauche est court et trifurqué. Sa mue est trouvée par le garde. Fin 2008, je le revois : même place, même comportement, il a bien progressé et son attaque est redevenu strictement normal, de même qu’en 2009.

Antoine en 2007 

Antoine-2007-copie


Antoine en 2008  

Antoine-2008-copie



En conclusion : les bizarreries affectant, ici, andouillers de massacre, surandouillers et médians ne sont manifestement pas reproductibles, et par conséquent ne constituent pas un indice permettant de reconnaître un cerf d’une année à l’autre. Par ailleurs, il ne s’agit donc pas d’une caractéristique génétique ; l’origine la plus vraisemblable de ces anomalies est celle d’un accident lors de la repousse de la ramure. Fragile car en velours. Probablement, une blessure ou une entaille survenue lors de l’émergence des andouillers, laquelle entraîne en sorte la formation de deux - ou trois - lignées osseuses indépendantes au lieu d’une.
La position de face de ces andouillers les rend davantage exposés aux accidents, contrairement aux chandeliers qui sont, du fait de leur développement sommital, mieux protégés de ce type de traumatismes.

 

24-10-2009, 16:54:29 JLJ
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